| A la maison d'arrêt de Coutances | |
| Dans
la Maison d'Arrêt de Coutances apparemment vétuste, je dis
"apparemment" car, à l'intérieur, depuis plusieurs
années, des travaux sont en cours: douches et toilettes ont été
installées dans chaque cellule, chauffage renouvelé, peintures
refaites... Là, vivent 70 détenus environ, de tous âges
et de toutes conditions sociales. Quant à nous, aumôniers de prison, père Jean-Claude Mauger et moi-même, nous avons le privilège de pouvoir visiter tous les détenus sans exception, ce qui n'est pas le cas des visiteurs. Mais qui rencontrons-nous au juste? D'abord ceux qui le demandent, puis ceux qui nous sont signalés par quelqu'un de l'extérieur ou encore, par un surveillant qui a remarqué un détenu déprimé: "Va parler avec la soeur, ça te fera du bien !" Il arrive que certains refusent. Au moins, dans ce cas, ils ont la possibilité d'exercer leur liberté. Leurs besoins et leurs attentes sont très variés: besoins matériels, mais aussi, attentes plus spirituelles. Un détenu me demande-il des vêtements? Si je n'ai pas le nécessaire, je transmets le message à un membre du Secours Catholique qui s'en occupe. L'aumônier
est souvent amené à faire le lien avec d'autres partenaires. |
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| février 2004 |
Soeur
Chantal Lebouteiller
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Accueil des familles de détenus |
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| Depuis
bientôt deux ans, à l'initiative du Secours Catholique, en
accord avec la direction de la prison, une équipe de bénévoles
se relaie pour assurer une présence au local attenant à la
prison. Ce dont les familles ont besoin, en premier: un local chauffé, ou... frais, selon les saisons. C'est plus sympathique que d'attendre à la porte, par tous les temps, avec son sac de linge. Pour certains, surtout quand ils viennent de loin, ils apprécient un café chaud, un chocolat ou une boisson fraîche. Il nous arrive aussi de garder les enfants quand les mamans préfèrent nous les confier plutôt que de les emmener au parloir. Mais surtout, au fil des rencontres, on s'aperçoit qu'il y a d'autres besoins, moins aisés à exprimer, mais tout aussi importants. "Une machine électronique pour prendre les rendez-vous, c'est bien, on pourrait aussi avoir une machine à café; mais ça ne remplace pas la chaleur d'une présence humaine." Cette parole entendue - et il y en aurait bien d'autres - résume le vrai besoin de ceux qui sont en attente de parloir: une présence humaine, à la fois discrète, bienveillante, prête à tout entendre, sans juger ni condamner. "Avec vous, on iie se sent pas jugé." Nous n'avons pas à provoquer les confidences. Et certains, d'ailleurs, n'ont pas envie d'étaler ce qui leur arrive; on les comprend ! C'est tellement douloureux d'avoir un membre de sa famille (époux, compagnon, père, frère) en ce lieu, quoiqu'il ait fait. Mais nous sommes là, tout simplement, attentifs à ceux qui ont besoin d'être écoutés. Il y a ceux qui viennent pour la première fois, on le voit tout de suite à leur attitude désemparée. On peut glisser un petit renseignement, répondre à leurs inquiétudes, à peine formulées; il s'agit de "sentir". Est-ce que nous répondons à leurs besoins? difficile de le dire. Mais on glane parfois des paroles telles que: "Depuis que vous êtes là, je peux attendre le parloir sans pleurer. " Ou encore: "Avant, on était côte à côte, on ne se parlait pas; maintenant, c'est plus pareil." Rien que pour ça, nous pouvons croire que notre présence toute simple est un réconfort pour les familles. Un service d'Eglise sans doute différent de bien d'autres... mais chacun a son rôle à jouer, selon ses talents. |
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| février 2004 | L'équipe
d'accueil des familles à la prison de Coutances |