Questions
ouvertes de P à Z
PALESTINE
C.I.D.M. Comité Israëlien contre les Démolitions
de Maisons
Ce soir-là, sur les ruines de sa maison d 'Anata, un village
palestinien en bordure de Jérusalem, Salim a fait un pacte avec
Jeff Halper le directeur du comité Israélien contre les
Démolitions de Maisons venu lui apporter son soutien : il reconstruira
son foyer au même endroit avec l'aide des volontaires israéliens
et palestiniens du Comité. Le contrat a été honoré
plus que de raison.Entre 1998 et 2003, l'administration civile, - le
département du ministère de la défense israélien
qui gère les Territoires occupés - a démoli la
maison de Salim à quatre reprises et, à chaque fois, le
C.I.D.M a répondu présent.
" Le chef des soldats, raconte Salim, m'a dit : "Même
si tu rebâtis ta maison 10 fois, on la démolira 10 fois
". J'ai répondu : " Dans ce cas, je la reconstruirai
une onzième fois. "
P.
Emile Shoufani
L'UNESCO a remis, le 8 septembre 2003, son 23è prix de l'Education
pour la paix au P. Emile Shoufani. Elle voulait récompenser son
" attitude personnelle et son action qui ont toujours été
imprégnées de dialogue, de paix et de tolérance,
ainsi que de son désir constant de rapprocher les Arabes et les
Juifs. ".
A 56 ans, ce prêtre grec-catholique de Nazareth, arabe israélien,
est depuis 1976, directeur d'un collège qui accueille de jeunes
musulmans et de jeunes chrétiens où il a lancé
un ambitieux programme d'éducation à la paix. Chaque année,
ses élèves arabes israéliens rencontrent ceux d'un
collège juif à Jérusalem … "Toute ma
vie, tous mes combats ont été inspirés par le mot
paix ", reconnaît celui que sa grand-mère, qui avait
vu son mari et un de ses fils tomber sous les balles israéliennes,
a toujours encouragé à la réconciliation.
" Vous avez su montrer que la religion peut être une chance
pour la paix et non un obstacle ", a lancé au prêtre
le directeur général de l'UNESCO.
PALLIUM
Le 29 juin 2003, jour
de la Saints Pierre-et-Paul, Jean-Paul II a remis le pallium aux cinq
archevêques français nommés à l'occasion
du redécoupage des neuf régions apostoliques en 15 provinces
ecclésiastiques : Mgr Michel Coloni (Dijon), Mgr Bernard Panafieu
(Marseille), Mgr Albert Rouet (Poitiers), Mgr Hyppolite Simon
(Clermont-Ferrand), Mgr Guy Thomazeau (Montpellier).
Le pallium est une sorte de large collier de laine avec deux bandes
pendantes marquées de six croix noires. Ces insignes sont confectionnés
avec de la laine de brebis bénite en janvier par le Pape (le
jour de la Sainte-Agnès), avant d'être conservés
dans la " niche des palliums " petit logement dans le mur,
au plus près de la tombe de Pierre.
Il s'agit de la marque d'une responsabilité confiée aux
archevêques qui ont, dit Mgr Simon, une " fonction de
médiateur " : " Chaque diocèse, explique-t-il,
est une Eglise et possède la plénitude des moyens du salut,
la Parole, les sacrements et tous les ministères. Mais elle doit
être en communion avec les autres églises particulières,
communion dont la garde est justement le ministère de Pierre.
L'archevêque est la première instance de la communion à
l'intérieur de la communion universelle. "
" Vous vous sentez honorés, disait ce même
évêque aux journalistes clermontois qui l'interrogeaient,
mais pour moi ce sera du travail supplémentaire. "

PÂQUES
Triomphe éclatant
" Si obscur
que puisse apparaître l'avenir de l'humanité, nous célébrons
aujourd'hui le triomphe éclatant de la joie pascale. Si un vent
contraire fait obstacle à la marche des peuples, si la mer de
l'histoire devient houleuse, que personne ne cède à la
frayeur ou au découragement ! Le Christ est ressuscité
! Le Christ est vivant au milieu de nous ! Réellement présent
dans le sacrement de l'Eucharistie, il s'offre dans le Pain du salut,
le Pain des pauvres, la nourriture des pèlerins. "
|
Jean-Paul
II Message de Pâques 2003
|
Date
de Pâques
Au début du
IVè siècle, toutes les Eglises ne célébraient
pas Pâques le même jour. En 325, le Concile œcuménique
de Nicée leur demanda de célébrer Pâques
à la même date, en observant l'usage en cours dans les
Eglises d'Alexandrie et de Rome qui, s'inspirant de la coutume juive
(Livre de l'Exode), célébraient Pâques le dimanche
qui suit la première pleine lune de printemps.
Mais alors pourquoi aujourd'hui les chrétiens d'Orient et d'Occident
ne célèbrent-ils pas Pâques le même jour tous
les ans ? Et pourquoi, une année sur quatre en moyenne, célèbrent-ils
Pâques à la même date ?
Les raisons en sont assez complexes :
Les tables (très anciennes) indiquant le jour de la pleine lune
utilisées par les orthodoxes ne sont pas exactes du point de
vue astronomique : aujourd'hui, elles indiquent la date de la pleine
lune avec un retard de quatre ou cinq jours (selon les années)
sur la date indiquée par les tables lunaires, réajustées
par Grégoire XIII au XVIè siècle, et utilisées
par les catholiques. La date de Pâques n'est donc la même
pour tous les chrétiens que quand la date de la pleine lune des
tables catholiques et la date de la pleine lune des tables orthodoxes
tombent au cours de la même lunaison.
Une autre raison , plus compliquée, entre en ligne de compte
: la durée moyenne du calendrier établi par Jules César
en 45 av. J-C (365, 25 jours) était légèrement
plus longue que le cycle solaire annuel. Un décalage s'était
donc établi entre ce calendrier et le cycle solaire au rythme
d'un jour par période de cent vingt-huit ans. Pour rétablir
l'harmonie entre ce calendrier et le cycle solaire, le pape Grégoire
XIII fit travailler des astronomes et décida de supprimer dix
dates du calendrier. Et c'est ainsi que le lendemain du jeudi 4 octobre
fut le vendredi 15 octobre 1582. Il décida également que,
désormais, dans toute période de quatre cents ans, on
supprimerait trois jours bissextiles, ce qui a déjà eu
lieu en 1700, 1800 et 1900. Le décalage entre les deux calendriers
est donc passé à onze, puis à douze puis treize
jours depuis 1900
Pour le calcul de la date de Pâques, les catholiques utilisent
le calendrier grégorien, c'est-à-dire le calendrier de
Jules César réformé par Grégoire XIII, alors
que les orthodoxes continuent d'utiliser le calendrier julien. En 2003,
les orthodoxes ont célèbré Pâques le 27 avril
du calendrier grégorien, mais ce jour est pour eux le 14 avril
du calendrier julien.
Tous les chrétiens pourront-ils un jour, dans la fidélité
au Concile de Nicée, célébrer de nouveau la fête
de Pâques tous les ans à la même date ? … Beaucoup
en seraient très heureux.

PAROISSES
C.E.P. Colloque
Européen des Paroisses
Le Colloque
Européen des Paroisses est un lieu de formation permanente qui
se situe au niveau européen. Il s'y engage également un
dialogue interculturel, qui permet à chacun d'intégrer
une dimension européenne dans sa vie de chrétien. Enfin,
depuis 1978, le C.E.P. fait partie des organismes non gouvernementaux
au sein du Conseil de l'Europe, où il joue un rôle de conseil.
Le Colloque, qui se tient du 6 au 10 juillet à Fribourg (Suisse),
a choisi cette année 2003 le thème : " Paroisses
: expérience d'aujourd'hui et visions d'avenir ". Thème
plus que jamais d'actualité, souligne le P. Marc Feix qui mène
les débats et poursuit : " Et le plus intéressant,
c'est que cette demande est tout autant formulée par l'Occident
que par les pays de l'Est … Il y a une homogénéisation
des paroisses, due d'abord à ce que les personnes voyagent davantage
et échangent beaucoup, mais plus encore à ce que les paroisses
de l'Europe de l'Est, et même du Sud, connaissent les mêmes
évolutions que nous. Toutes découvrent la nécessité
de l'évangélisation.
Paroisse
universitaire
:
Depuis 92 ans, elle
rassemble des professeurs de l'Enseignement public pour les accompagner
dans leur vie de chrétiens et leurs responsabilités professionnelles.
L'initiative en revient à un laïc, Joseph
Lotte,
professeur au lycée de Coutances, soucieux de voir s'instaurer
un dialogue entre les maîtres chrétiens de l'Enseignement
public, à une époque où la double fidélité
à l'école laïque républicaine et à
l'Eglise catholique n'allait pas de soi.
La P. U. vise aujourd'hui à développer conjointement l'intelligence
et la foi, dans un esprit de convivialité attentive et d'interrogation
toujours en éveil : " Qu'est-ce et comment être chrétien
aujourd'hui dans l'Enseignement public ? Comment contribuer à
faire de l'école un lieu de formation, de tolérance et
d'espérance ? "
A Coutances, 1 rue Daniel, une plaque commémore ainsi la naissance
de la Paroisse Universitaire : De cette maison, le 7 décembre
1910, Joseph Lotte lança son appel aux Professeurs Catholiques
de l'Université.

PARTAGE
:
" Une simple carte reçue du Cameroun"
Elle
me dit : "Le partage de la vie des gens, en particulier les enfants
et les personnes lépreuses, permet de relativiser beaucoup de
nos problèmes et de se poser des questions sur les valeurs matérielles
que nous impose "parfois" la société de consommation.
Evidemment le fait de n'avoir dans sa case que deux pagnes, une natte
et une marmite traduit une pauvreté extrême, mais la joie
et l'esprit d'émerveillement des gens qui vivent dans ces conditions
dévoilent une richesse humaine exemplaire".
Tout est dit. Il ne s'agit pas de vanter la pauvreté : elle n'est
pas bonne en soi. Je conçois fort bien qu'il m'est plus facile
de dire cela, à moi qui ne manque de rien, qu'à ceux qui
vivent dans la pauvreté.
Il s'agit de se demander si, à force de courir après les
biens matériels, nous n'oublions pas les biens spirituels, ceux
qui font la vraie joie de vivre. Cela rejoint ce que le Pape Jean Paul
II nous dit sans cesse : nous bâtissons une civilisation de la
consommation, bâtissons plutôt une civilisation de l'amour.
Une simple carte postale qui m'a apporté un message à
méditer et une prière à formuler : "Seigneur
donne-moi d'être plus attentif à l'amour que je peux donner
et recevoir qu'aux biens matériels que je désire".
+
Jacques FIHEY évêque de Coutances Février
2003

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PELERINAGE
Aperçu
historique
Les mots " pèlerin
" (français) et " pellegrino " (italien) viennent
du latin " peregrinus " qui signifie " voyageur ".
Dès la naissance de l'Eglise, des fidèles souhaitèrent
visiter les lieux où Jésus Christ avait vécu et
accompli sa mission, mais c'est surtout au IVème siècle,
quand cessèrent les persécutions, que naquit la tradition
des pèlerinages.
Au Moyen Age, les lieux les plus convoités étaient les
tombeaux des martyrs, particulièrement ceux des Apôtres
Pierre et Paul à Rome, ainsi que les catacombes.
Les pèlerins étaient considérés comme des
personnes sacrées, ce qui n'était pas sans avantage à
une époque où les communications entre les peuples étaient
fort périlleuses.
Ils étaient reconnaissables à leur accoutrement : froc
de laine à collet (pèlerine) souvent orné de coquillages,
chapeau à larges bords, escarcelle au côté, besace
au dos, gourde à l'épaule, bourdon (long bâton bénit)
à la main.
PHILATELIE
Geneviève
de Gaulle-Anthonioz
Un
an après sa mort, un timbre vient honorer la mémoire
de Geneviève de Gaulle-Anthonioz qui, de la Résistance
à ATD-Quart monde, aura, selon son propre mot, toujours "
refusé l'inacceptable ". C'est ainsi qu'elle est arrêtée
en 1943 puis déportée à Ravensbrück. En
1958, elle fait la rencontre du P. Joseph Wresinski qui va orienter
le reste de sa vie. A la mort du fondateur, elle prend la présidence
d'ATD-Quart monde qu'elle assumera durant plus de 40 ans.
La rapidité assez rare d'un tel hommage postal - le timbre
est sorti le 14 février 2003 - traduit parfaitement la place
que Geneviève de Gaulle-Anthonioz avait prise dans la société
française où elle bénéficiait d'un respect
consensuel et, à travers elle, celle de ATD au service des
exclus. |
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Mère
Teresa
La poste vaticane
n'a pas attendu la béatification de Mère Teresa de Calcutta,
le 19 octobre 2003, pour émettre dès le 23 septembre un
timbre en son honneur. Celui-ci, très dépouillé,
nous propose la célèbre religieuse de profil, dans une
attitude de recueillement et de prière. Ce timbre de 0,41 euros
est présenté dans une mini-feuille de cinq timbres accompagnées
d'autant de vignettes que la poste vaticane appelle " ferme-lettres
" car elles sont destinées à être collées
au dos du courrier. Sur chacune, on peut lire une pensée différente
de Mère Teresa comme celle-ci : "Dieu est joie, la joie
est prière. La joie est un signe de générosité
et un signe d'union avec Dieu".
Mgr
François Maurer
Les
clercs sont quasi-absents dans la philatélie nationale. Pour
ces vingt dernières années, on ne relève que le
bicentenaire du curé d'Ars et deux Allemands, figures remarquables
des années de guerre, Franz Stock et Alfred Stanke, le franciscain
de Bourges. Inattendue donc est l'irruption d'un évêque,
Mgr François MAURER, décédé il n'y a pas
encore trois ans. L'explication est qu'il s'agit d'un timbre de Saint-Pierre-et-Miquelon,
petit archipel de 7000 âmes quasi collé aux provinces maritimes
canadiennes et qui, sauf pendant sa brève expérience de
DOM, émet depuis 1885 ses propres timbres. Prêtre spiritain,
il fut, dès 1948, envoyé à Saint-Pierre où
il sera ordonné évêque en 1971. Il ne quittera les
îles que six mois avant sa mort en avril 2000.
Il devient ainsi le seul évêque du XXè siècle
à faire l'objet d'un timbre français, en janvier 2003.
Vitrail
Chagall
La cathédrale
de Metz, qui possède la plus grande superficie de vitraux
de France, vient d'être distinguée pour … un timbre-poste.
C'est la revue allemande de philatélie qui a élu ce
timbre - dont l'auteur n'est autre que Chagall - comme le plus beau
timbre européen à sujet religieux pour 2002. Déjà,
du XIVè au XVIè siècle, les évêques
de Metz avaient eu recours aux verriers les plus fameux de leur
temps pour réaliser ces immenses vitraux. Au sortir de la
guerre, pour remplacer des verrières banales du XIXè
siècle, l'état fit appel à des artistes renommés
comme Chagall qui a réalisé ici plusieurs vitraux
aux références bibliques. C'est l'un d'eux, le Péché
originel, une œuvre qui date de 1963, qui donna lieu à
l'émission du timbre aujourd'hui récompensé
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PRIX
NOBEL
Le
Prix Nobel 2003 attribué à l'Iranienne Shirin Ebadi
Le Prix Nobel de
la paix 2003 a été attribué le 10 octobre 2003
à l'Iranienne Shirin Ebadi, avocate et militante des droits de
l'homme, une femme défendant un " islam réformé
".
" Le comité Nobel norvégien, a déclaré
celui-ci, a décidé d'attribuer le prix Nobel de la Paix
2003 à Shirin Ebadi pour ses efforts en faveur de la démocratie
et des droits de l'homme. Elle s'est particulièrement attachée
à la lutte en faveur du droit des femmes et des enfants.
En tant qu'avocate, juge, enseignante et activiste, elle s'est exprimée
clairement et fortement dans son pays, l'Iran, et loin à l'extérieur
de ses frontières. Elle s'est affirmée comme une personne
compétente dans son travail, une personne courageuse, et n'a
jamais tenu compte des menaces qui pesaient sur sa propre sécurité.
Son principal champ d'action est la lutte pour les droits de l'homme
fondamentaux, et aucune société ne peut être appelée
civilisée tant que les droits des femmes et des enfants ne seront
pas respectés. […]
Ebadi est une musulmane avertie. Elle ne voit pas de conflits entre
islam et droits de l'homme fondamentaux. Il est important pour elle
que le dialogue entre les différentes cultures et religions du
monde prenne comme point de départ les valeurs qu'elles ont en
partage ".
" En récompensant une personnalité iranienne,
souligne Joseph Maila, le comité Nobel accrédite
l'idée que la progression et la promotion des droits est, en
tout premier lieu, l'affaire de celles et de ceux qui, dans leur propre
pays, à partir des réalités qui sont les leurs,
font avancer la cause de l'homme. De la même manière que
les militants de la place Rouge étaient russes et que ceux, quand
ils peuvent manifester, de la place Tien An Men restent chinois. C'est-à-dire
des êtres de liberté luttant dans leur pays pour la défense
des droits de l'homme et non les suppôts des puissances étrangères
ou leurs agents stipendiés.
Car telle est la signification profonde des droits de l'homme : elle
fait de la personne humaine non pas l'objet d'un statut mais le sujet
de droits et de libertés ".

PROVINCES
ECCLESIASTIQUES :
Quinze
provinces ecclésiastiques remplacent les neuf régions apostoliques
Coutances
rattaché désormais à Rouen
Le
nouveau découpage a été défini pour mieux
prendre en compte les réalités administratives, économiques
et culturelles de notre pays et pour adapter les fonctionnements aux
besoins de la mission de l'Eglise. Avec ce nouveau découpage,
les évêques ont souhaité :
- être plus proches de la vie des hommes et des femmes d'aujourd'hui,
- favoriser le travail en commun et l'entraide entre les diocèses,
- permettre un exercice plus effectif de la collégialité
entre les évêques, c'est-à-dire de leur responsabilité
commune au service de la mission de l'Eglise.
" C'était devenu vraiment nécessaire, explique
Mgr Fihey. Il y avait un certain nombre d'aberrations. Ainsi, certaines
provinces ne correspondaient absolument plus à la réalité
du terrain et des relations entre les diocèses ".
Cinq archevêchés métropolitains ont été
créés : Dijon, Montpellier, Poitiers, Marseille et Clermont
(Mgr Hippolyte Simon est devenu archevêque). Le diocèse
de Coutances, quant à lui, est maintenant rattaché à
la province de Rouen.

SAINT
AUGUSTIN :
LU PAR GÉRARD DEPARDIEU le 9 février 2003, à Notre-Dame
de Paris.
Dans le cadre de l'année de l'Algérie
en France, Gérard
Depardieu, associé à l'historien André Mandouze,
a lu de larges extraits des Confessions de Saint Augustin à Notre-Dame
de Paris.
Cette oeuvre la plus célèbre de saint Augustin évoque
l'itinéraire intérieur qui le conduisit d'une vie mouvementée,
mais toujours assoiffée de vérité, à la
rencontre bouleversante de Dieu. Après son baptême, il
ne tarda pas à être nommé évêque d'Hippone,
aujourd'hui Annaba en Algérie, où il demeura jusqu'à
sa mort en 430.
C'est la rencontre de l'artiste avec Jean-Paul II à Rome en l'an
2000 qui le mit pour la première fois sur la route de l'auteur
des Confessions, puis sur celle d'André Mandouze, spécialiste
de saint Augustin, avec lequel s'élabora le projet.
Gérard Depardieu avoue être fasciné par cette oeuvre
et y trouver "une force qui l'aide à tenir debout, une
joie, un espoir, quelque chose plus fort que le savoir . La voix de
saint Augustin me touche parce qu'elle me renvoie à ma propre
fragilité et à ce que je vis dans les moments cruciaux
de mon existence. "
Pour André Mandouze, " Augustin peut parler à
nos contemporains parce qu'il a touché à tous les problèmes
de la vie et qu'il a été proche de son peuple. C'est un
homme énorme, un touche-à-tout. C'est quelqu'un, par exemple,
qui sait de quoi il parle quand il évoque l'amour "
Cet intérêt pour le célèbre docteur de l'Eglise
n'est-il pas le signe que la religion de manière générale
- et le christianisme en particulier - intéresse de plus en plus
nos contemporains ? Il y a quelque temps déjà, le rapport
ministériel de Régis Debray soulignait l'importance de
l'enseignement du " fait religieux à l'Ecole ", et
rappelait la richesse de l'héritage judéo-chrétien,
quelles que soient les convictions personnelles de ceux qui étaient
appelés à le recevoir.
Les oeuvres complètes de saint Augustin viennent d'être
publiées dans la prestigieuse édition de La Pléiade.

SAINT
PAUL
:
Une vie de saint Paul écrite par Alain DECAUX
Historien,
académicien et croyant, Alain Decaux a mis quarante ans avant
d'écrire cet ouvrage : " un des livres les plus difficiles
à écrire de toute ma vie d'auteur. "
" Je suis croyant. Je m'intéresse donc, depuis toujours,
à la religion qui est la mienne. Dans ce sens, saint Paul est
incontournable. L'homme est immense. Déconcertant aussi par ses
contradictions .
C'est un camarade de la JEC qui m'avait fait remarquer que saint Paul
n'avait pas connu Jésus. Cette remarque suscita d'emblée
l'intérêt de l'historien que j'étais déjà
.
J'aurais été insouciant si j'avais cru que ce ne serait
pas un des livres les plus difficiles à écrire de toute
ma vie d'auteur. Il me fallait plonger dans un contexte que je connaissais
peu . Ma préférence est toujours allée au Jésus
des Evangiles . J'ai toujours préféré un christianisme
sensible. Avec Paul, j'abordais un christianisme théologique
et digne des grands philosophes de l'Antiquité. Je me suis donc
mis au travail, avec l'objectif de faire comprendre saint Paul à
tout le monde. Comme toujours dans mes livres.
J'ai redécouvert une chose très simple : les premiers
chrétiens étaient juifs. Le judaïsme a escorté
les premiers chrétiens jusqu'à la rupture . Nous avons
finalement plus de chance que saint Paul. Il n'avait pas lu les Evangiles.
Il a forgé la théologie chrétienne et, quelques
années plus tard, les Evangiles ont repris le style narratif
.
Paul est en quelque sorte l'inventeur de l'histoire non événementielle.
En commençant ce travail, je l'imaginais conjuguant l'éloquence
de Démosthène et le souffle de Moïse . Peu à
peu, une autre approche s'est imposée à moi. Les Actes
des Apôtres nous parlent d'un homme plutôt petit, à
la tête dégarnie, les jambes arquées, vigoureux
.
Il me touche particulièrement lorsqu'il échoue face aux
Corinthiens. Imaginez cet homme qui a fait ce travail extraordinaire
à Corinthe et se retrouve en larmes quand il apprend que rien
ne va plus . ses larmes apportent les nuances à l'image de l'apôtre
inflexible et intolérant qui s'est imposée jusque dans
l'iconographie. "
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L'Avorton
de Dieu. Une vie de saint Paul, d'Alain Decaux Perrin/DDB Février
2003
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Un
épistolier hors pair
Deux soirées n'ont pas été
de trop pour approfondir la lettre pastorale de Mgr Lalanne. Répartis
par groupes, nous avons pu constater que les difficultés
rencontrées par Paul en son temps et par nous aujourd'hui
avaient plus d'un point commun.
Indifférence
Comme lui, nous nous heurtons souvent à l'indifférence,
voire à l'hostilité de la société.
L'Église parle d'amour, de justice, de dignité humaine,
mais elle n'est guère ou mal entendue ! Est-ce seulement
une question de langage ? Un tel contexte rend-il possible une
annonce de la foi ?
Importance de l'accueil
L'accueil de l'autre est primordial, avons-nous souligné.
Prendre le temps de l'écouter, sans a priori, sans le juger
à partir de nos schémas habituels, suppose une dépossession
de soi. Pas toujours évident même à l'intérieur
d'une paroisse où les sensibilités sont parfois
assez différentes ! Des moyens très simples sont
à notre disposition comme l'accueil au presbytère,
la visite aux malades, la distribution des feuilles dominicales
etc., ou plus élaborés comme la catéchèse,
les rencontres à l'occasion d'un baptême, d'un mariage,
d'un décès…
Le secret de Paul
L'Apôtre ne cessait d'aller de l'avant sans se laisser arrêter
par les épreuves, alors que nous, nous sommes parfois craintifs
et découragés ! Quel était donc son secret
? Il "vivait du Christ" et "priait sans cesse",
affirme-t-il. Est-ce facile de prier ? Non, mais sans une prière
habituelle, avons-nous reconnu, il est impossible de laisser se
créer une relation personnelle avec le Christ, impossible
de devenir son témoin vivant dans la vie de tous les jours.
Quelqu'un a ajouté : "Et comment connaître le
Christ sans la fréquentation habituelle de sa Parole ?"
Nous nous sommes aussi posé la question : considérons-nous
chaque personne rencontrée comme une lettre du Christ qui
nous est adressée ? Et nous considérons-nous comme
une lettre du Christ qui lui est adressée ? Alors, s'il
en est ainsi, quel épistolier hors pair se révèle
être le Christ !
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G. Delaby,
Journal Paroissial de Mars 2009
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SEL
Système d'Echange
Local
Le SEL est une association loi 1901. Les adhérents
échangent des biens ou des services dont le " prix "
est évalué dans une monnaie fictive. " A l'origine,
raconte un ancien agriculteur présent dès les premières
heures (1994), chacun écrivait sur un bout de papier ce dont
il avait besoin. A partir de là, on éditait un bulletin
tous les deux mois avec les offres et les demandes, et chacun choisissait
: travaux de jardinage, garde d'enfant, livres, etc. "
C'est différent du troc. Dans un SEL, le service ou le bien,
estimé par les deux partis, vaut tant de " grains de sel
". Un " chèque " est alors envoyé au SEL,
dont le comptable " crédite " le compte de l'offreur
et " débite " celui du bénéficiaire.
Un bilan mensuel est envoyé aux adhérents. A chacun ensuite
d'équilibrer ses interventions, pour recevoir sans oublier de
donner.
" Les SEL ont provoqué de nombreux débats sur l'argent,
mais on ne peut les assimiler à une monnaie ou à une économie
parallèle, commente un de ses membres. Il permet de casser le
miroir de l'argent mais il ne faut pas le généraliser
au-delà d'une formule d'entraide locale. "
" Le principal acquis du SEL, résume un autre, c'est peut-être
de montrer que ce qui compte dans la vie, c'est ce que l'on donne à
l'autre. "
Aujourd'hui, on dénombre 340 associations qui pratiquent le SEL,
si bien que s'est constituée " la route du SEL ", à
travers laquelle, par
exemple, les adhérents peuvent échanger leurs appartements.
Adresse internet : www.solidaire.org

SEMAINE
SAINTE
Qu’est-ce que la semaine
sainte ?
Les
chrétiens donnent ce nom de semaine « sainte » à la dernière
semaine de carême, pour « revivre » et commémorer les
derniers jours du Christ avant de célébrer sa résurrection.
Cette semaine sainte commence le dimanche des Rameaux et se termine
par les célébrations du samedi saint ; elle n’a lieu qu’une
fois par an.
Dimanche
des Rameaux
Ce
premier jour de la semaine sainte est un dimanche placé
sous un double signe : il est festif car
il célèbre l’entrée de Jésus à Jérusalem où il est accueilli
triomphalement par le peuple agitant des rameaux, des feuillages
et il est rempli de gravité puisque les lectures retracent
la marche volontaire de Jésus vers sa mort.
Lundi,
mardi, mercredi
Dans
l’église catholique, ces trois jours n'ont pas de célébrations
particulières, mais préparent au mystère de Dieu fait homme.
La
messe chrismale
(du
latin chrisma, application d’huile,
onction)
Cette
messe chrismale, une dans chaque diocèse,
est une messe présidée par l'évêque qui consacre les
saintes huiles : l'huile pour les malades et le saint Chrême
qui servira pour
les onctions des sacrements
de baptême, de confirmation et de
l’ordre (prêtre et évêque).L'évêque est entouré des
prêtres du diocèse qui, à cette occasion, renouvellent leurs
engagements évangéliques et ecclésiaux.
Le jeudi saint (célébration rétablie en
1955)
Le
jeudi saint « fait mémoire » de la Cène, notamment
par la lecture du plus ancien récit de l’institution
eucharistique (1 CO 11,23). Le ministre célébrant répète le geste
de Jésus envers ses apôtres, le lavement des pieds, signifiant ainsi
qu’il est au service d’une communauté.
Le
vendredi saint
Jour
de deuil pour l’Eglise : jour anniversaire
de la Passion et de la mort du Christ. Il n’y a pas de
messe ce jour là. Les chrétiens sont invités au jeûne et à l’abstinence.
Traditionnellement
se déroule l'après-midi un chemin de croix,
dévotion créée par les Franciscains, comportant un parcours en 14 étapes
pour méditer sur la Passion du Christ, c’est-à-dire ses souffrances
jusqu’au supplice de la croix.
L'office
liturgique du soir comporte quatre temps : la lecture
de la Passion, puis des prières solennelles pour le monde, l’adoration
de la Croix et enfin la communion avec les hosties consacrées
la veille. Cette communion au corps du Christ souligne l'unité
entre l’offrande du corps mort du Christ (le vendredi saint)
et le corps vivant du Christ ressuscité (aujourd’hui).
Le
samedi saint (au soir)
Il
n’y a pas de messe le samedi, mais une célébration
nommée la Vigile pascale, qui est l’entrée dans la joie de la
Résurrection de Pâques.
La
célébration en début de nuit montre le passage des ténèbres à
la lumière, la victoire du Christ sur la mort ténébreuse. C’est
pourquoi le feu et le Cierge Pascal, symbolisant le Christ lumière,
sont allumés, puis la flamme transmise aux fidèles, qui ont à rayonner
de cette Lumière. Cette veillée comporte aussi la bénédiction de l’eau
pour rappeler aux baptisés qu’ils sont devenus enfants de
Dieu par l’eau du baptême et que leurs engagements sont
à renouveler sans cesse. Sont célébrés à cette occasion les baptêmes
de catéchumènes (environ 3000 en France).
Alleluia !
Alleluia ! Alleluia ! Le Christ est Vivant.
Etienne Vallée
SUICIDE
" Ecoute
la vie "
Si la France est
un des pays développés les plus touchés par le
suicide des jeunes, la Basse-Normandie, et la Manche en particulier,
se distingue plus tristement encore. Alors que le nombre affichait une
baisse constante depuis 1995, l'année 2002 a été
marquée par une nouvelle hausse qui pourrait bien se confirmer
en 2003. Dans certains cantons du sud-Manche, les taux sont jusqu'à
quatre fois supérieurs à la moyenne nationale.
L'association " Ecoute la vie ", créée en 2000
dans la Manche, a décidé de réfléchir au
problématique suicide des jeunes, qui représente la deuxième
cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 25 ans.
Refusant ce qui pourrait apparaître comme une fatalité,
" Ecoute la vie " a pour ambition de regrouper l'ensemble
des acteurs sociaux, professionnels, bénévoles et institutionnels,
qui souhaitent intervenir dans la prévention du suicide et le
soutien aux familles endeuillées. Et pour cela, tous les moyens
sont bons : accompagnement, écoute, sensibilisation et information,
groupes de parole. Et depuis l'an dernier, l'association s'est intéressée
à une forme originale d'intervention : le théâtre.
" Les pièces se déroulent sur un mode interactif
", précise Nicole Bonnet, secrétaire de l'association.
" Une réflexion s'engage entre les acteurs et le public
sur les causes possibles des conduites suicidaires et la façon
de développer la prévention … A partir d'une courte
pièce présentant divers aspects, les spectateurs sont
invités à investir la scène pour improviser avec
les comédiens des comportements différents de la première
version jouée, en remplaçant ou en ajoutant des personnages
de leur choix. " Le débat permet donc de mettre le doigt
sur les difficultés de communication rencontrées, ainsi
que d'expérimenter des solutions. Nombre d'entre elles sont basées
sur l'écoute. Et c'est pour cela que " Ecoute la vie "
souhaite continuer à être cette oreille attentive.
|
Renseignements
auprès de " Ecoute la vie " au 02.33.60.82.81
ou 06.79.23.35.58
|
"
Message pour la vie "
L'Union Nationale pour la Prévention du Suicide (UNPS) lance,
du 5 janvier au 15 mars 2004, l'opération " Message pour
la vie ". Chaque Français est invité dès maintenant,
avant même la huitième édition des journées
nationales pour la prévention du suicide qui auront lieu du 2
au 6 février, à envoyer un message sous la forme qu'il
souhaite (1) à une personne en détresse. Autrement dit,
à se mobiliser pour lutter contre ce fléau qui, chaque
année en France, fait 12.000 morts. Les statistiques restent
dramatiquement constantes.
C'est pour cette raison que l'UNPS cherche un " changement de stratégie
" dans la lutte contre le suicide. " Longtemps basée
sur l'écoute, la prévention du suicide doit entamer une
nouvelle étape, celle du dialogue, de l'échange où
" écoute " et " message " sont indissociables.
Prévenir le suicide, c'est dire à tous que l'on a entendu
leur souffrance et les convaincre qu'ils ne sont plus seuls " souligne
l'UNPS qui regroupe une vingtaine d'associations.
L'UNPS reconnaît que cette démarche n'est pas facile. Mais
elle doit permettre de changer le cours des choses : pour ne plus se
dire " je savais, j'avais vu, je n'ai rien fait ", pour se
tourner vers l'autre. Un message peut tout changer.
(1) UNPS - Un message pour la vie. 4-6 place de Valois BP 2193 75021
Paris Cedex 01.40.20.03.11 e-mail : unmessagepourlavie@wanadoo.fr

SYNODE
Qu'est-ce
que le synode des évêques et à quoi sert-il ?
Le Synode des Évêques est une institution permanente établie
par le Pape Paul VI en réponse au désir exprimé
par les Pères du Concile Vatican II de maintenir vivant l'esprit
engendré par l'expérience conciliaire : " Cela Nous
est une joie d'annoncer, leur disait-il le 14 septembre 1965, que va
être institué, selon le souhait de ce Concile, un 'Synode
des Évêques', constitué d'évêques nommés
en majorité par les Conférences épiscopales, avec
notre approbation. Ce Synode sera convoqué par le Souverain Pontife,
selon les besoins de l'Église, afin d'apporter ses avis et son
concours, quand le bien général de l'Église paraîtra
l'exiger ".
Le mot "synode" vient de deux mots grecs: syn qui signifie
"ensemble", et hodos qui signifie "chemin" ou "marcher
ensemble" ".
Le Synode se définit, généralement, comme une assemblée
d'évêques représentant l'épiscopat catholique,
et ayant le devoir d'aider le Pape à gouverner l'Église
universelle en remettant leurs avis. Le Pape Jean-Paul II a désigné
le Synode comme
"une expression particulièrement féconde et un instrument
de la collégialité
des évêques".
TOURISME
SOLIDAIRE
Un
tourisme en voie de développement
Encore peu connu, le tourisme solidaire représente une partie
infime de l'activité touristique française. Basé
sur la rencontre avec les populations locales et la redistribution directe
des revenus aux régions visitées, le secteur cherche,
aujourd'hui, à se consolider.
Apparu il y a une vingtaine d'années, le tourisme solidaire veut
être une alternative au tourisme de masse. Oubliés les
piscines et les hôtels, il s'agit ici d'allier le tourisme au
développement d'activités équilibrées et
pérennes pour la région d'accueil. Soit " garantir
un revenu direct aux personnes qui y vivent et travaillent ", en
plus de " favoriser la rencontre avec la population locale ",
explique Jean-Marie Collombon, du Groupe de recherche et d'échange
de technologies (Gret). Une démarche analogue à celle
du commerce équitable et qui s'oriente surtout vers les pays
du Sud.
Aujourd'hui, une vingtaine d'associations et d'organisations non gouvernementales
(ONG) françaises proposent des voyages solidaires au Bénin,
Mexique, Maroc, Kirghizistan... Toutes reversent une partie des revenus
aux communautés qui gèrent leurs propres projets. Coopératives
d'accueil, aides à la création de micro-entreprises, programmes
d'irrigation, les réalisations sont connues des touristes. Et
le prix des séjours n'est pas plus élevé que celui
de voyagistes traditionnels - hors offres de dernière minute
- l'hébergement étant souvent assuré dans des villages,
moins onéreux que les hôtels urbains.
TOUSSAINT
Les origines
de la TOUSSAINT
Comme chacun sait,
la Toussaint est la fête de tous les saints connus et inconnus.
Elle a lieu le 1er novembre. Longtemps, elle fut célébrée
dans la mouvance de Pâques ou de Pentecôte. Au V° siècle,
en Syrie, c'était le vendredi de Pâques ; en Orient cette
fête reste célébrée le dimanche dans l'octave
de la Pentecôte. Ce lien avec Pâques et la Pentecôte
donne le sens originel de la fête. Il s'agit de fêter la
victoire du Christ dans la vie de beaucoup d'hommes et de femmes. A
Rome, la fête existait au V° siècle, le dimanche après
la Pentecôte. En 610, le Pape Boniface IV la déplaça
au jour de la dédicace de l'église Sainte-Marie et des
martyrs (ancien panthéon) pour honorer la foule des martyrs où
il avait transféré les corps. Mais c'est Grégoire
III au 8ème siècle qui la fixa au 1er novembre, jour de
la dédicace d'une chapelle de la basilique St Pierre en l'honneur
de tous les saints. Grégoire IV en 835 ordonna que la Toussaint
soit fêtée dans le monde entier.
Si la Toussaint n'est pas fêtée dans d'autres religions,
par contre le culte des morts lui, existe dans toutes les religions.
Par ce culte l'homme depuis la nuit des temps a montré sa religiosité.
Le
jour des morts placé le lendemain de la Toussaint n'a -t-il pas
amené une confusion entre ces deux jours ?
Dans la pratique
oui, mais cela vient du fait que, depuis le concordat signé entre
Bonaparte et Pie VII, le nombre des " fêtes d'obligation
" et donc chômées (en l'honneur du Seigneur, de la
Vierge et des saints), soit limité à 4 : Noël, Ascension,
Assomption, Toussaint. Les gens profitent donc du jour chômé
pour aller dans les familles visiter les tombes de leurs défunts
(que nos routes de France soient ce jour là les plus chargées
de l'année en dit long sur l'enracinement de ce rite dans notre
culture à l'instar de toutes les cultures). Cela a amené
inévitablement une inversion quant au sens de la Toussaint. Fête
de la joie, puisque fête de tous les saints, elle est devenue
pratiquement celle du recueillement et des défunts.
La conviction que les vivants ont à prier pour les morts s'est
établie dès les premiers temps du Christianisme. L'idée
d'une journée spéciale de commémoration des défunts
a vu le jour de divers côtés dans les dix premiers siècles.
Elle a été spontanément mise dans le prolongement
de la Toussaint afin que la lumière et la joie de cette fête
illuminent l'antique culte des morts. Une invitation à vivre
le 2 novembre dans l'espérance de partager le bonheur éternel
promis par Dieu et que goûtent déjà les saints.
Malheureusement, le constat est là : ce n'est pas la Toussaint
qui colore le jour des morts mais bien l'inverse. Une raison pratique
y participe certainement beaucoup : le fait qu'un jour soit chômé
et pas l'autre.
Cette persistante inversion des influences constitue une situation devant
laquelle on pourrait baisser les bras. Mais l'enjeu nous pousse à
demeurer arrimés au poids hautement symbolique de ces deux fêtes
mises l'une à côté de l'autre afin que la première
évangélise la seconde. De fait, la Toussaint exprime avec
force toute la beauté et la grandeur de notre identité
chrétienne. Dès lors, la manière de la célébrer
traduit ou trahit notre rapport à la mort, une mort que nous
savons transfigurée par la résurrection du Christ. Un
appel nous est donc lancé : sommes-nous capables de vivre à
plein cette fête et d'être lumière de l'espérance
qu'apporte l'évangile ? Car c'est par la dimension festive dont
nous entourons la Toussaint que nous témoignons de la foi qui
nous habite ; par la fête nous dévoilons un peu de l'allégresse
liée à notre vocation : être saints comme Dieu est
Saint. La Toussaint est une opportunité offerte par la liturgie
pour redire qu'au bout de la vie il n'y a pas la mort mais la Vie ;
qu'au bout de la route, une route parfois accidentée, il y a
un chez soi auquel aspire tout notre être, un chez soi où
les mots de bonheur, joie, lumière, amour deviendront une réalité
acquise pour toujours. C'est pourquoi, il nous faut sans cesse rappeler
que le jour des morts doit se laisser éclairer par la fête
de la Toussaint.
Et
Halloween ?
Halloween est la
célébration de la nuit pris dans son sens négatif
; avec une connotation également occulte. Le monde de la mort
vient hanter celui des vivants. La nuit vient étouffer la lumière.
Le succès de cette nouvelle pratique est probablement liée
à la fascination de l'homme face à la mort. Avec Halloween
, la Toussaint n'est plus seulement assombrie par le 2 novembre, mais
se retrouve coincée, étouffée par d'un côté
des images de ténèbres et de l'autre par la tristesse.
Une
initiative originale : " Prélude à la Toussaint "
Pour se préparer
à la grande fête de la Toussaint, des paroisses organisent
un " prélude " à la Toussaint. Le but est de
faire découvrir que nous sommes tous appelés à
être des saints. Nous voulons par là désenclaver
la Toussaint, lui apporter une respiration, et faire redécouvrir
aux enfants et aux adultes qui participent à cette journée
que Toussaint est la fête de la beauté, de la vie , de
la joie, de la sainteté ; que notre vocation à tous est
d'être des semences de lumière et d'espérance dans
l'amour.
TROC
Le
troc, vieux comme le monde
Les échanges
ne passent pas forcément par le métal, ni par la monnaie.
Depuis toujours, le troc fait circuler les biens et services par réseaux.
Dans l'empire Inca, pourtant riche en métaux précieux,
la plupart des échanges se font par prestations, services rendus
en échange d'un bien, échanges d'objets, ce qui oblige
à fixer des valeurs presque à chaque transaction. Le troc,
pratiqué par les conquistadores européens avec les Indiens
des Amériques, n'a jamais cessé d'exister. Il a simplement
perdu en importance, tant la monnaie, dont la valeur est universelle,
a simplifié les échanges. Il y a 3000 ans, les coquillages
cauris servaient pour les paiements en Chine. Au XIXè siècle
au Soudan, on payait la dot d'une mariée avec une houe de fer,
ailleurs avec une vache. En Ethiopie, les barres de sel gemme sont utilisées
jusqu'en 1920 …

VATICAN
Curie romaine
Elle comprend la Secrétairerie d'Etat, divisée
en deux sections (affaires générales et relations avec
les Etats), neuf Congrégations qui veillent au gouvernement
de l'Eglise, onze Conseils Pontificaux davantage tournés
vers le dialogue avec le monde, trois Tribunaux et trois Offices
gérant notamment le patrimoine et les affaires économiques.
La majorité de ces vingt-sept dicastères, aux effectifs
le plus souvent limités, est dirigée par un cardinal,
les autres par un archevêque, préfet pour les Congrégations,
président pour les Conseils Pontificaux, assisté d'un
secrétaire et, pour les plus importantes, d'un sous-secrétaire.

VIE
Une journée pour la vie
L'Eglise a institué une " journée pour la vie "
demandée par Jean-Paul II dans son encyclique L'Evangile de la
Vie. Elle est célébrée en France le dernier dimanche
de mai, jour de la fête des Mères. Il est recommandé
de prier à l'intention de la protection de la vie humaine, à
ses commencements comme à sa fin, mais aussi pour les jeunes
qui seraient tentés par la violence ou le suicide, pour les chercheurs
et le monde médical, pour les politiques qui ont à légiférer
dans les domaines qui touchent la vie.
VIOLENCES
Violences conjugales
"Jusqu'à quand
notre société supportera-t-elle ces innombrables actes
de violence ? Jusqu'à quand ces victimes seront-elles abandonnées
à leur souffrance, réduites au silence, spoliées
de leur désir de vivre ? Pourquoi les femmes sont-elles presque
toujours la cible de ces humiliations ? Est-ce leur vulnérabilité
plus grande qui porte des hommes à abuser de leur force ? [ …]
Dans la France d'aujourd'hui, serait-il moins risqué de frapper
sa femme que son chien ? Cette question peut se poser quand l'on constate
que dans le cadre de l'amnistie décidée après l'élection
présidentielle de 2002, les condamnations pour violences conjugales
ont été effacées, tandis que les cruautés
envers les animaux ne l'ont pas été."
Telles sont quelques-unes des interrogations de la Commission sociale
de la Conférence des évêques de France dans le livre
Les violences envers les femmes paru en septembre 2003.
Résultat d'un travail mené depuis plusieurs mois à
la demande et avec la collaboration de l'Action catholique générale
féminine ainsi qu'avec la collaboration du Mouvement du Nid (mouvement
chrétien de lutte contre la prostitution), le livre veut attirer
l'attention sur deux des formes de violence envers les femmes : les
violences conjugales et la prostitution.
Depuis cet été, des événements tragiques
largement médiatisés du fait de la notoriété
de la victime, ont placé les violences conjugales au cœur
de l'actualité pour quelques semaines. Cette affaire terrible
ne doit pas faire oublier la malheureuse "banalité"
de ce fléau.
Par cette prise de parole, les évêques souhaitent contribuer
à briser le silence, démasquer ces violences si souvent
cachées, et montrer combien elles atteignent les personnes dans
leur intimité au point de les détruire. Ils veulent apporter
leur voix pour mobiliser l'opinion et faire évoluer les mentalités,
en débanalisant et en dénonçant ces violences,
seul moyen d'aider les victimes et de mettre un terme à ces violences.
Les évêques appellent "tous les chrétiens et
les hommes de bonne volonté à prendre conscience de ces
violences afin de contribuer à rendre à celles qui en
souffrent leur dignité, leur identité, leur liberté".
Ils expriment leur entière solidarité aux femmes victimes
de violences, sous quelque forme que ce soit. Les évêques
en appellent également aux autorités gouvernementales.
Enfin, toute éducation sexuelle doit témoigner de la dimension
affective et relationnelle.

VOCATIONS
Crise des vocations sacerdotales
Un évêque
de France, Mgr Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, s'exprime
sur le sujet.
" Les séminaires
sont une institution née au XVIè siècle. Dureront-ils
longtemps, toujours ? Dieu seul le sait ! Ce qui est sûr, c'est
qu'il n'y aura jamais d'Eglise sans prêtres et qu'il faudra toujours
en former.
La pénurie actuelle est une épreuve spirituelle pour tous
les évêques de France. Nous sommes passés en quelques
décennies de l'abondance à la pénurie …
Ce qui en cause, ce n'est pas une question fonctionnelle, c'est plutôt
le silence intérieur, l'esprit de prière, l'ardeur de
la foi elle-même qui sont mis à mal dans le contexte de
notre société …
Jésus dit de " prier toujours, et sans se décourager
" (Luc 18, 1) … C'est une intention explicitement donnée
par le Seigneur. Elle nous tient donc particulièrement à
coeur.
Ma préoccupation première n'est pas de remplir notre séminaire.
L'essentiel se situe en amont : que la prière reprenne sa place
dans nos vies et dans nos maisons, que dans chaque famille on éteigne
un peu la télévision, les portables et Internet pour redonner
à la Parole de Dieu sa place royale … Qu'on se mette à
lire l'Evangile ensemble et à le partager, pour préparer
l'Eucharistie du dimanche. C'est pour moi une hantise fondamentale.
Il ne faut pas chercher des résultats, mais commencer par travailler
aux fondations. Le fruit ne se verra peut-être que dans des décennies
!
…Nous sommes dans une société productiviste, qui
regarde toujours les chiffres. Mais je crois qu'une réforme structurelle
qui ne s'attaquerait pas aux questions de fond n'arrangerait rien. Ce
qui est difficile dans cette société, c'est de garder
l'espace du silence intérieur …
La question de fond est de savoir ce qu'est un prêtre. L'action
sacerdotale de l'Eglise qui continue aujourd'hui celle du Christ, c'est
la façon dont l'amour se répand dans le monde entier …
Mais le sacerdoce ministériel est d'une autre essence. Les prêtres
sont comme une présence du Christ qui agrège à
son corps par le baptême, du Christ qui enseigne et nourrit ses
disciples ou qui pardonne les péchés …C'est une grâce
immense …
Prier pour les vocations … ?
Le mois de juin, et tout spécialement le 29, jour de la fête
des saints Pierre et saint Paul, les deux " colonnes de l'Eglise
", est celui des ordinations de prêtres.
Quand il y en a …
Car leur diminution drastique - tout au moins sur notre vieux continent
- n'est un secret pour personne.
Devant ce constat préoccupant, les chrétiens sont périodiquement
invités à prier pour les vocations.
Mais qu'est-ce que prier pour les vocations ?
La crise, certainement plus profonde encore qu'elle ne paraît,
n'est-elle pas d'abord celle de la vocation des baptisés ?
Les chrétiens ne se reposent-ils pas trop sur le prêtre
?
Jésus n'a jamais promis qu'il désignerait lui-même
des hommes pour prendre la tête de chaque paroisse, pour la diriger,
l'organiser : c'est l'affaire de tous, et les chrétiens doivent
prendre conscience que l'Eglise, c'est d'abord eux, les baptisés
et confirmés.
Jésus a simplement promis qu'il serait avec nous jusqu'à
la fin des temps, ce qui n'est déjà pas si mal. Il s'engage
donc à appeler des hommes et des femmes à être,
par le don et la consécration de leur vie, certains par ordination,
les témoins de sa présence dans le monde.
La question fondamentale est donc la suivante : qu'attendons-nous du
prêtre ?
Si nous voulons des hommes sur lesquels nous pourrons nous décharger
de notre responsabilité de croyants, alors nous risquons d'être
déçus, et pour longtemps probablement.
Dans la mesure où nos communautés deviendront vivantes,
responsables et missionnaires, les prêtres leur seront donnés
comme par surcroît.
|
D'après
un article paru dans " Actualité Notre temps ",
journal des paroisses du diocèse de Coutances
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