|
Questions
ouvertes de J à O
JEAN
XXIII
Quelques phrases du bon pape
Jean (Joseph
Roncalli 1881 - 1963)
Glanées au long de son pontificat, ou dans son Journal de l'âme,
elles soulignent sa simplicité, sa finesse, son humour, sa profondeur
spirituelle et pardessus-tout sa bonté qui l'ont fait aimer du
monde entier :
" Me voici ficelé, prêt à être livré
" (venant de revêtir, au soir de son élection le
28 octobre 1958, une des trois soutanes blanches préparées
d'avance).
" Figurez-vous que, sur la place Saint-Pierre, quand je dus donner
ma bénédiction urbi et orbi, les projecteurs de la télévision
et du cinéma étaient si puissants que je ne parvins pas
à distinguer la foule immense qui, paraît-il, s'étendait
jusqu'au Tibre ! Je bénis l'univers, mais en quittant le balcon
de Saint-Pierre, je songeais à tous les projecteurs qui, désormais,
à chaque minute, seraient braqués sur moi. Et je me suis
dit : "Si tu ne restes pas à l'école du Maître
doux et humble, tu ne verras plus rien de la réalité du
monde, tu seras aveugle
" (juste après sa première
bénédiction).
" Dès les premiers jours de mon sacerdoce, je me suis mis
à la disposition de la Sainte Eglise. Je l'ai suivie sans anxiété
et sans ambition. Tout est là et rien que là. Il est superflu
d'aller plus loin. "
" Il y en a qui disent que tout va mal. Ce n'est pas vrai du tout
: regardez tous les braves gens, les papas et les mamans qui se dévouent
pour leur famille, les enfants joyeux et sains, les jeunes qui entrent
avec courage dans la vie. Au lieu de dire du mal des mauvais, aidons les
bons à devenir meilleurs et les méchants à se convertir
"
" Je suis Joseph votre frère " (accueillant les bras
ouverts un groupe d'Israélites au Vatican).
" Je sais que plusieurs ont été surpris par cette visite
(celle du gendre et de la fille de Khrouchtchev qui avait été
très critiquée) ; certains même furent peinés.
Pourquoi ? Je dois recevoir tous ceux qui frappent à ma porte.
Je les ai vus
et nous avons parlé des enfants ; il faut
toujours s'entretenir des enfants
Je voyais que Mme Adjoubei pleurait.
Je lui ai donné un chapelet, suggérant qu'elle ne devait
pas en connaître l'utilité et qu'elle n'était pas
tenue à le dire, bien sûr ! Mais qu'en le regardant, qu'elle
se rappelle simplement qu'autrefois vivait une maman qui était
parfaite. "
" Ces gens sont à gauche ? Eh bien que voulez-vous que j'y
fasse ? Ce n'est pas ma faute à moi, il faut bien que je les prenne
là où ils sont et que j'essaie de leur parler
"
" C'est bientôt Pâques. Je vous fais un vu. C'est
de vivre aussi vieux que votre pape
N'oubliez pas, mes enfants,
il faut prier, il faut être fidèle au bon Dieu dans vos prières
Et puis, c'est à vous maintenant d'exaucer notre prière
: laissez-nous passer, il est temps que nous rentrions travailler au Vatican
" (à la foule qui le pressait le jour des Rameaux 1963
dans la grande banlieue ouvrière de Rome).
" Avec un immense amour nous sommes près de vous "
(aux prisonniers de Regina Coeli).
" Allons, mes enfants, il est tard, rentrez chez vous, il est temps
de coucher les petits ; vous leur ferez une caresse, ce sera la caresse
du pape Jean
" (à la foule pressée sur la
place Saint-Pierre au soir de l'ouverture du Concile).
" Veuillez lire dans mon cur ; vous y trouverez peut-être
bien davantage que dans mes paroles
J'ai eu de nombreuses rencontres
avec des chrétiens appartenant aux diverses dénominations
Nous n'avons pas parlementé, mais parlé ; nous n'avons
pas discuté, mais nous nous sommes aimés " (accueil
des protestants et des orthodoxes au Concile).
" Notre cur se gonfle de tendresse pour vous adresser nos vux
paternels. Nous voudrions pouvoir nous attarder à la table des
pauvres, dans les ateliers, dans les lieux d'étude et de science,
auprès du lit des malades et des vieillards, partout où
des hommes prient et souffrent, travaillent pour eux et pour les autres
Oui, nous désirerions poser notre main sur la tête
des petits, regarder les jeunes dans les yeux, encourager les papas et
les mamans à accomplir leur devoir quotidien. A tous, nous voudrions
répéter les paroles de l'ange : " Je vous annonce une
grande joie : il vous est né un sauveur ! " (Jour de Noël
dans la Basilique Saint-Pierre).
" Même si je devais devenir pape, si mon nom devait être
prononcé et vénéré par toutes les bouches
et gravé dans le marbre, lorsque je paraîtrai devant le divin
juge, que serai-je alors ? Rien ! " (Journal de l'âme).
" Les premiers jours de ce service pontifical, je ne me rendais pas
compte de tout ce que veut dire être évêque de Rome
et par là même pasteur de l'Eglise universelle. Puis, une
semaine après l'autre, la pleine lumière s'est faite. Et
je me suis senti comme dans ma maison, comme si je n'avais rien fait d'autre
durant toute ma vie " (1963, quelques jours avant sa mort).
" Tous les jours sont bons pour vivre et tous aussi sont bons pour
mourir. Pour moi, les valises sont prêtes, mais je suis prêt
aussi à continuer à travailler. " (id.)
JUBÉ
Du latin jubere,
premier mot de la prière : " Jube, Domine, benedicere "
= " Ordonne, Seigneur, de bénir " : galerie séparant,
dans certaines églises, la nef du chur.
Dans les basiliques primitives, on élevait, parallèlement
au chur et sur ses côtés, 2 petites tribunes appelées
ambons, sur lesquelles les diacres se plaçaient pendant
la messe pour lire l'épître et l'évangile. Elles
subsistent dans certaines basiliques romaines comme Saint-Clément
et Sainte Marie in Cosmedin.
Plus tard, quand les architectes chrétiens abandonnèrent
le plan basilical, les ambons changèrent de place et furent généralement
établis dans le chancel, c'est-à-dire contre la
balustrade qui séparait le sanctuaire de la nef (elle fut longtemps
représentée par la Table de communion).
Vers la fin du XIIIè siècle ou au commencement du XIVè,
on les supprima presque partout. Dans certaines églises on les
remplaça par une galerie haute que l'on appela jubé.
Cette galerie courait d'un côté à l'autre de la
nef. Elle était tantôt de bois, tantôt de pierre,
mais toujours ornée avec le plus grand soin. Ordinairement, sa
partie inférieure était divisée en 3 arcades dont
une seule, celle du milieu, était ouverte pour permettre la vue
sur l'autel, au moins aux fidèles qui se trouvaient placés
à peu près dans l'axe de l'ouverture. Quant aux autres
ils ne pouvaient ni apercevoir le célébrant, ni suivre
la cérémonie du regard. Cet inconvénient détermina
presque partout au XVIIè siècle la suppression des jubés.
Cependant certains édifices religieux les ont conservés
(par exemple, l'église Saint-Etienne du Mont à Paris).
D'autres n'ont conservé que des fragments.
On trouve des fragments de jubés dans quelques églises
de la Manche où il est appelé communément "perque".
La destruction des jubés ramena l'usage des ambons.

JUDAÏSME
Dialogue judéo-chrétien
Le
Père Jean DUJARDIN, oratorien, vient de faire paraître
(octobre 2003) aux éditions Calmann-lévy " L'Eglise
catholique et le peuple juif ", un livre qui invite les chrétiens
à porter " un autre regard " sur le peuple juif.
Pour le Père DUJARDIN, la confrontation de sa foi avec l'événement
de la Shoah le conduit à se recentrer sur le Christ, par une
nouvelle écoute de la Parole de Dieu.
Le livre aborde aussi la question, théologique et politique,
du partage de la terre d'Israël avec les Palestiniens.
Il développe enfin les étapes qui ont jalonné l'histoire
des relations judéo-chrétiennes et souligne fortement
toute l'urgence à approfondir le dialogue.
Dictionnaire
des Justes de France
Pendant la Seconde Guerre mondiale, à côté d'une
France passive, d'une France complice du génocide, il y eut une
autre France, quelques milliers de gens " ordinaires " qui
ont sauvé des Juifs.
Pour que, à l'intention des générations futures,
soit conservée la mémoire de tous ces sauveteurs, de France
et autres pays d'Europe, l'Institut Yad Vashem, en Israël, a institué
le titre de " Justes des nations ".
A son initiative, viennent d'être rassemblés dans un même
ouvrage les destins des 2000 Français qui ont sauvé des
juifs.
Ce Dictionnaire des Justes de France sera suivi
d'autres ouvrages pour les Justes des autres pays.

LAÏCITE
La laïcité n'est pas faite pour mettre la
religion hors la loi
Le catholicisme, qui a profondément marqué notre civilisation
commune d'Europe occidentale, ne modèle plus aujourd'hui les
comportements de la société. Du point de vue de la pratique,
il est devenu, comme toutes les autres religions, une pratique minoritaire.
Il est devenu aussi une religion d'adhésion personnelle, dont
la pratique est réservée à ceux qui en partagent
personnellement la conviction, la foi.
La société est devenue profondément laïque
et distante à l'égard de toutes les convictions religieuses.
Mais la laïcité n'est pas la négation de l'histoire
et de l'identité : c'est la création, dans une société
consciente de son héritage et de son patrimoine, d'un espace
commun, respectueux des convictions individuelles et porteur de valeurs
fédératrices, celles des droits de la personne humaine.
Pour le christianisme, la laïcité est, si je puis dire,
de fondation. Le Christ a dit : " Rendez à César
ce qui est à César et à Dieu ce qui est à
Dieu " : la séparation entre la conviction religieuse et
les réalités de l'Etat était donc dans la parole
du Fondateur.
L'islam est plus problématique car on retient de la parole du
Prophète qu'il n'y a de loi que de Dieu. Le chemin est donc plus
difficile
Une
municipalité promeut une laïcité ouverte
Dans
son souci du " vivre ensemble " dans sa ville marquée
par le brassage ethnique et religieux, le maire de Montreuil y lance,
en présence de Régis Debray, une initiative inédite
en France dans le cadre d'une municipalité : la création
d'un " Centre Civique d'Etude du Fait Religieux ",
dont la mission est de proposer un cycle de formation à des enseignants,
et des conférences à un public plus large.
" Il n'y a pas de mélange des genres, précise
l'élu plutôt frappé par " l'analphabétisme
" des enseignants en matière religieuse. Nous approchons
donc les religions avec un regard laïque pour mieux les connaître.
Les écoles, collèges et lycées connaissent un mixage
sans précédent. Il s'agit donc, par la connaissance de
la religion de l'autre, de sortir de l'intolérance pour susciter
un intérêt réciproque apte à surmonter la
méfiance, et éviter la confrontation qui n'est pas une
formule vaine .".
La
laïcité, c'est l'ouverture aux autres
La laïcité,
c'est l'ouverture aux autres, l'esprit de tolérance, la liberté
de conscience, le pluralisme. Elle nous permet de vivre ensemble dans
le respect des différences , que l'on soit athée, agnostique,
catholique, musulman, juif, protestant ou bouddhiste.
Aujourd'hui, les catholiques, qui ont longtemps eu une image négative
de cette laïcité, s'y trouvent très bien. On peut
dire que la loi de 1905 a libéré l'Eglise. Il faut que
l'Islam comprenne vite que cette laïcité lui ouvre les bras.
C'est à l'école que se transmettent ces valeurs de la
République qui nous permettent de vivre ensemble. L'école
est le creuset de la paix civile.
Il nous manque un beau texte qui dise clairement ce qu'est la laïcité.
Un texte qui fasse comprendre aux Français la chance qu'elle
représente. Personnellement, je suis un chrétien très
laïque. La laïcité est une richesse, qui permet d'ailleurs
aux religieux et aux laïcs de se retrouver côte à
côte quand certaines valeurs sont menacées.
|
Bernard
STASI, médiateur de la République, président
de la Commission des Sages
Octobre
2003
|
|
Accepter
le fait religieux
Les
communautés de croyants sont présentes dans toutes
les sociétés, expression de la dimension religieuse
de la personne humaine. Les croyants attendent donc légitimement
de pouvoir participer au dialogue public. Malheureusement, on
doit observer qu'il n'en est pas toujours ainsi. Nous sommes témoins,
ces derniers temps, dans certains pays d'Europe, d'une attitude
qui pourrait mettre en péril le respect effectif de la
liberté de religion. Si tout le monde s'accorde à
respecter le sentiment religieux des individus, on ne peut pas
en dire autant du "fait religieux", c'est-à-dire
de la dimension sociale des religions, oubliant en cela les engagements
pris dans le cadre de ce qui s'appelait alors la "Conférence
sur la Coopération et la Sécurité en Europe".
On invoque souvent le principe de la laïcité, en soi
légitime, s'il est compris comme la distinction entre la
communauté politique et les religions (cf. Gaudium et spes,
n. 76). Mais distinction ne veut pas dire ignorance ! La laïcité
n'est pas le laïcisme ! Elle n'est autre que le respect de
toutes les croyances de la part de l'État, qui assure le
libre exercice des activités cultuelles, spirituelles,
culturelles et caritatives des communautés de croyants.
Dans une société pluraliste, la laïcité
est un lieu de communication entre les diverses traditions spirituelles
et la nation. Les relations Église-État peuvent
et doivent donner lieu, au contraire, à un dialogue respectueux,
porteur d'expériences et de valeurs fécondes pour
l'avenir d'une nation. Un sain dialogue entre l'État et
les Églises - qui ne sont pas des concurrents mais des
partenaires - peut sans aucun doute favoriser le développement
intégral de la personne humaine et l'harmonie de la société.
|
|
Discours de Jean-Paul
II au Corps Diplomatique à l'occasion des vux 2004
|
LIBERTE
Liberté
religieuse
Selon
le " Rapport 2003 sur la liberté religieuse dans le monde
", publié par " Aide à l'Eglise en détresse
" (AED), la liberté religieuse est de plus en plus menacée
dans le monde. Pour le seul christianisme, on dénombre 938 morts,
629 blessés et 100345 détenus en 2002.
Ce rapport répertorie les violations à la liberté
religieuse et de conscience dans 190 pays. Les situations les plus préoccupantes
sont celles de Cuba, de la Colombie, du Venezuela, du Soudan, du Nigeria,
de la Chine, de l'Indonésie, de l'Inde, de la Birmanie, du Vietnam,
de la Corée du Nord et du Laos.
MARIAGE
C.N.A.F.C. Confédération
Nationale des Associations Familiales Catholiques
Projet de définition du mariage qui s'inscrirait dans le
Code civil.
Le code civil ne
donne aucun contenu au terme de " mariage " mais se contente
d'en décrire les conditions de formation et les effets. Pour
les associations familiales catholiques, ce vide juridique est à
l'origine de l'affaiblissement progressif du mariage (réforme
du divorce de 1975 qui l'a fait apparaître plus comme un lien
contractuel que comme une institution - Pacs et consécration
juridique du concubinage
). Aujourd'hui le nouveau projet de réforme
du divorce qui vise à simplifier et faciliter la séparation
amène de nouveau à s'interroger sur le sens du mariage
et de l'engagement pris à la mairie
D'où l'initiative des AFC de proposer une définition du
mariage, institution républicaine, engagement pris devant la
société (incarnée par le maire), qui justifie le
caractère impératif de ses effets dans les rapports personnels
des époux et l'indivisibilité de la filiation de l'enfant
à l'égard de ces derniers.
Cette consécration juridique aurait plusieurs effets concernant
la procédure du divorce.
Reste à savoir la suite que le gouvernement donnera à
cette idée.
Mariage
chrétien :
La
star du mariage, c'est Dieu amour
A
la demande de Laurent de Belgique, Guy Gilbert, prêtre éducateur
bien connu, sera aux côtés du Cardinal Danneels pour célébrer
le mariage du prince Laurent de Belgique avec Claire Coobs, le 12 avril
2003.
" L'amitié ne connaît ni frontières, ni castes,
explique Guy Gilbert. J'ai rencontré le prince Laurent il y a
sept ans, à l'occasion d'un prix qu'il me remettait pour mon
travail avec les jeunes. On s'est revus. Il est venu dans ma ferme en
Provence. Il a découvert notre travail avec les jeunes . Cela
l'avait beaucoup séduit. De son palais, il est donc revenu chez
nous. Il a fait la vaisselle avec les loubards . Les jeunes l'appellent
Laurent sans savoir qui il est. Nous vivons depuis un compagnonnage
humain, profondément spirituel aussi.
Ma vie, ma mission de prêtre, mon travail d'éducateur m'ont
fait rencontrer des fils de grands bourgeois qui avaient des problèmes
effroyables après ce qui s'était passé dans leur
famille.
Quand Laurent a découvert Claire, il est venu me voir pour me
la présenter. Il m'a demandé si je pouvais les préparer
au mariage.
Je les prépare en leur disant que c'est l'un des plus grands
sacrements puisqu'il va les lier définitivement. Dieu est au
cour de cet amour car il est au-dessus de tout amour humain, fût-il
royal ou fût-il le plus humble. S'ils prennent cela à bras-le-corps,
ils risquent de vivre un très bel amour parce que tout amour
est déficient, imparfait. Dieu peut donner la force d'être
fidèle, la force de donner un amour gratuit à l'autre,
et la force d'espérance d'avoir des enfants pour continuer leur
chemin. La star de ce mariage, c'est Dieu amour. "
Jean-Paul II au tribunal de la Rote romaine
"
L'Eglise ne refuse pas la célébration des noces à
qui est bien disposé, a-t-il dit, même s'il
est imparfaitement préparé du point de vue surnaturel,
pourvu qu'il ait l'intention droite de se marier selon la réalité
naturelle de la conjugalité .. L'absence de prise en compte de
la réalité surnaturelle par les fiancés ne
peut, à elle seule, rendre celui-ci nul ".

MARIE
:
l'Immaculée Conception
"
Le 15 août 2004, nous avons accueilli à Lourdes le pape
Jean-Paul II. Avec lui, avec plusieurs centaines de milliers de pélerins,
avec plusieurs millions de téléspectateurs, nous fêtions
l'Assomption de la Vierge Marie.
Le Pape avait choisi l'année 2004 pour revenir à Lourdes,
parce qu'elle marque un anniversaire : 150 ans plus tôt, son prédécesseur
le Pape Pie IX déclarait solennellement que Marie n'avait jamais
connu le péché.
Marie est «l'Immaculée Conception» : c'est le nom
qu'elle se donne quand elle apparaît à Bernadette le 25
mars 1858.
Chaque année, les catholiques fêtent l'Immaculée
Conception le 8 décembre. L'Immaculée Conception est une
lumière sur la route des hommes. Le péché blesse
notre humanité. Même pardonné, il laisse des traces.
La Vierge Marie, elle, n'a pas connu le péché. Elle n'en
porte pas les traces. Ses forces spirituelles, sa liberté sont
totales.
C'est ainsi qu'elle a pu faire face à la mission exceptionnelle
que Dieu voulait lui confier : être la mère de son Fils,
le mettre au monde par l'action de l'Esprit Saint.
La Vierge Marie est «pleine de grâce» (Luc 1, 28);
elle est la Mère de Dieu; elle n'est pas restée prisonnière
de la mort; elle est avec son Fils, aujourd'hui, dans la lumière
de Dieu : telle est la foi catholique."
Jacques
PERRIER
Evêque de Tarbes et Lourdes |
Jean-Pierre
RICARD
Archevêque de Bordeaux
Président de la Conférence des Evêques de France |
MILITAIRE
Engagement chrétien
"
Pour beaucoup de chrétiens, peut-être, l'action militaire
est synonyme de violence, le concept de maîtrise de la force leur
étant inconnu. De même pour beaucoup de chrétiens
toute action militaire se confond-elle avec la guerre, c'est à
dire avec l'engagement le plus total.
Dès lors, pour eux, apparaît difficilement comment les
militaires peuvent être " ces sentinelles de la paix ",
selon l'expression de Jean-Paul II, durant le jubilé des militaires
à Rome. Outre une difficulté à comprendre le discours
officiel de l'Église, surgit une difficulté plus grande
encore vis-à-vis de tout engagement chrétien dans les
Armées au service de la paix ".
|
Patrick
Le Gal, évêque aux armées françaises
|
Pèlerinage
Militaire International
Le Pèlerinage Militaire International le plus
célèbre est celui qui se déroule chaque année
à Lourdes et se caractérise - au-delà du nombre
des pèlerins - par la variété des pays représentés
(32 en 2002), les types humains, les uniformes, les langues... Mais
le thème doit permettre, aussi, aux pèlerins d'approfondir
et de mieux mettre en oeuvre la riche diversité qu'ils possèdent
en eux-mêmes.
Il rassemble près de quinze mille pèlerins, dont les deux
tiers sont des militaires en activité et le dernier tiers formé
de "civils", pour la plupart membres de familles de militaires,
personnels travaillant dans les armées ou militaires retraités
parmi lesquels deux cent cinquante à trois cents blessés
ou malades confiés aux soins de l'Hospitalité Notre-Dame
des Armées.
Les 16, 17 et 18 mai 2003 aura lieu, à Lourdes, le quarante cinquième
Pèlerinage Militaire International. Il sera présidé
par Son Excellence Monseigneur Patrick LE GAL, évêque aux
Armées françaises.
Le thème en est : " Un peuple de toutes les nations"
Le Dimanche 5 octobre 2003, un millier de personnes, militaires, familles
de militaires ou civils vont traverser ensemble la baie du Mont St Michel,
depuis la côte jusqu'à l'abbaye. Tous ensemble, du général
au simple deuxième classe, de 7 ans à 77 ans, hommes,
femmes, enfants, étudiants en école militaire ou cadres
à la retraite, accompagnés de leur évêque,
Monseigneur Patrick Le Gal.
Le thème de ce pèlerinage sera : " Sur les pas
du Christ... malgré vents et marées."

NOUVEL
AGE ("New Age")
Mise au point du Vatican
En
janvier 2003, le Vatican a publié un document sur le New Age
(littéralement le " Nouvel Age ") pour marquer sa défiance
vis-à-vis de ce nouveau courant de spiritualité.
Le cardinal français Paul Poupard, président du Conseil
Pontifical de la culture, qui a travaillé à son élaboration,
qualifie le New Age de mouvement " à l'opposé de
la révélation chrétienne " :
" Ce qui est constant, explique-t-il, c'est l'utilisation de termes
qui ne sont plus univoques. Prenons le Christ, par exemple, qui revient
souvent dans le New Age. Pour nous, c'est le Fils de Dieu, c'est une
personne en chair et en os et non une énergie cosmique. De même,
sur le salut, ce n'est pas nous qui nous sauvons tout seuls. La vérité,
nous la recevons alors que, dans ces courants, on a l'impression que
la vérité, on se la fabrique un peu au jour le jour, en
puisant dans telle ou telle tradition religieuse, orientale ou non.
Ce qui revient tout le temps, c'est le " bien être ",
" se sentir en phase ", " les bonnes vibrations "
comme si la souffrance et la mort n'existaient pas, avec une sorte de
fatalisme qui incite à scruter les signes les plus divers, comme
si l'avenir était déjà inscrit. Ce n'est pas vrai.
" L'avenir, on le fait ", disait Bernanos. Le sens de la responsabilité
est crucial.
Cette approche nouvelle exerce une certaine séduction. Et peut-être
que cette tendance culturelle honore des demandes sérieuses qui
ne sont pas suffisamment prises en compte. On parle souvent du retour
du religieux. Je crois qu'il y a, profondément, une soif spirituelle
et l'Eglise peut apparaître à ceux qui s'en sont écartés
comme une sorte de grande organisation dont on ne voit que les prises
de position. Mais sans doute les gens ne trouvent-ils pas suffisamment
de réponses aux questions simples, fondamentales, incontournables.
Par ailleurs, il faut aider les chrétiens qui sont attirés
par les techniques les plus diverses de méditation à re-percevoir
que, au cour de la foi chrétienne, il y a une expérience
mystique. L'expérience du contact direct avec Jésus.
Il nous faut retrouver toute l'importance de la prière, de la
méditation, de la contemplation sous toutes ses formes. Dieu,
ce n'est pas une idée, la vérité n'est pas abstraite.
Alors, en réponse aux besoins qu'exprime le New Age, il faut
reproposer cette joie de célébrer ensemble ".

CUMENISME
Groupe des Dombes
Ce groupe d'étude, de recherche et d'échange
fédère des théologiens catholiques et protestants.
Il est un lieu de référence de l'cuménisme.
En septembre 2003, il a choisi comme coprésident catholique le
Père Bernard Sesboüé, membre du groupe depuis 1967,
pour succéder au Père Bruno Chenu décédé
en mai dernier. Ce jésuite, passionné par les Pères
de l'Eglise, s'est imposé par ses travaux sur la christologie
ainsi que sur l'cuménisme. Il s'est toujours attaché
à traduire l'actualité de l'Evangile : " Comment
donc est-il demeuré vivant jusqu'à nous et à quelles
conditions peut-il le rester à l'avenir ? " Une réflexion
qui l'a naturellement conduit à s'interroger sur le rôle
de l'autorité et du magistère dans l'Eglise. C'est ce
thème de réflexion qui est actuellement celui du groupe
des Dombes.
Il a beaucoup travaillé également la question des sacrements
et Il est notamment l'auteur de Croire (Doguet & Ardant 1999)
où il met en regard le Credo et les questions
contemporaines.

| O.G.M.(Organismes
Génétiquement Modifiés) |
| Épiscopat
du Brésil |
| Déclaration
des évêques de la Commission pastorale de la terre
sur l'usage des OGM |
| Alors
que l'utilisation des OGM donne lieu à de vifs débats
au Brésil comme en beaucoup d'autres pays et que les avis
sur la question sont partagés, les évêques qui
accompagnent le travail effectué par la Commission pastorale
de la terre, organisme officiel de la Commission nationale des évêques
brésiliens, viennent de prendre position sur cette question.
Leur argumentation ne repose pas seulement sur les dangers potentiels
de l'usage des OGM pour la santé humaine et la biodiversité,
mais sur les conséquences que cela entraînerait dans
le domaine de la justice sociale. Texte rendu public à ltaici,
6 mai 2003. |
Nous,
évêques accompagnateurs de la Commission pastorale
de la terre (CPT), dans les différentes régions de
la Conférence nationale des évêques du Brésil
(CNBB), face au grave problème des OGM dans nos pays et prenant
appui sur les dispositions légales actuellement en vigueur,
nous prenons l'initiative de nous exprimer publiquement a ce sujet.
Les OGM sont le résultat de la manipulation génétique
qui permet de produire, modifier et transférer des gènes
parmi les êtres vivants, rompant ainsi la barrière
du croisement naturel entre les espèces, en créant,
modifiant et transférant du matériel génétique
entre des végétaux, animaux, bactéries, virus
et humains.
Dans le monde entier, et ici au Brésil, de nombreux chercheurs
et leaders de mouvements sociaux ont exprimé opportunément
de sérieuses préoccupations en la matière.
Ces préoccupations tournent autour des risques suivants :
1 - En ce qui concerne la santé humaine, l'absorption de
grains génétiquement modifiés peut entraîner
une augmentation des allergies, une résistance aux antibiotiques
et une augmentation de l'indice des substances toxiques dans les
aliments.
2 - Dans le domaine de l'environnement, on court le risque d'une
érosion génétique, affectant de façon
irréversible la biodiversité, en raison de la contamination
des cultures naturelles de semences. Il faut ajouter à cela
l'augmentation alarmante de la monoculture et, en conséquence,
la perte de la très riche variété et de la
qualité des semences.
3 - C'est aussi une menace à la souveraineté alimentaire
de notre pays, en raison de la perte du contrôle des semences
et des êtres vivants qui sont brevetés ' devenant ainsi
la propriété exclusive et légale des groupes
multinationaux qui ne poursuivent que des finalités commerciales.
4 - Cependant, le risque majeur, à notre entendement, est
dans la totale dépendance, dans la destruction et, finalement,
dans la disparition de la petite et même de la moyenne agriculture,
en raison du monopole mondial implacable de la production et de
la commercialisation des semences, qui se transforme en la domination
d'un petit groupe d'entreprises multinationales gigantesques et
puissantes.
En lien avec ces questions, nous ne pouvons pas par ailleurs ignorer
ou laisser tomber des exigences éthiques telles que la bienveillance,
la justice sociale, la justice écologique et le principe
de précaution. |
| Le
principe de bienveillance [littéralement : non-nuisance)
inclut notre devoir d'éviter ou d'empêcher que du mal
ou des dommages soient faits à autrui. Dans le cas de l'introduction
massive de nouvelles technologies qui impliquent des risques potentiels
pour la santé, ce principe doit être pleinement garanti
grâce à des informations claires et fiables. |
| Le
principe de justice sociale, dans les cas d'innovations technologiques
massives et de fort impact social, nous conduit à demander
qui va en profiter et qui va en subir les préjudices. Actuellement,
dans le cas concret des OGM, il est clair qu'un petit groupe de
grandes entreprises sera le principal bénéficiaire,
mais de graves dommages seront causés à l'agriculture
familiale. |
Le
principe de précaution exige que, avant qu'un produit
ne soit effectivement destiné à la consommation humaine,
des mesures sévères de biosécurité soient
adoptées. Il ne s'agit pas d'arrêter la science ou
la recherche, ni de provoquer une peur paranoïaque face à
ce qui est nouveau. Au contraire, on prend partie pour que la science
et la recherche, orientées vers le bien commun, jouissent
davantage d'espace. Il faut que les applications technologiques
qui impliquent des risques potentiels de grande ampleur soient décidées,
approuvées, refusées ou perfectionnées à
partir de décisions démocratiques et sous le contrôle
du peuple. Appuyant la lutte héroïque des organisations
populaires de la campagne et nous faisant l'écho de l'une
des grandes revendications du Forum social mondial de Porto Alegre,
nous soutenons, avec conviction, que les semences puissent être
déclarées patrimoine de l'humanité et conservées
dans leur intégrité génétique par les
communautés paysannes.
Dans cette même ligne, nous prenons la liberté de recommander
au pouvoir public, au ministère public, au pouvoir législatif,
judiciaire et exécutif, lorsqu'ils traitent de ces graves
questions, de se laisser guider par ces revendications nouvelles
et justes, ainsi que par les principes éthiques qui les gouvernent. |
|
Itaici,
6 mai 2003
|
| Dom
Tomas Baiduino, President ; Dom Xavier Gilles, Vice-President; et
douze autres évêques du Brésil. |
|
Traduction
DIAL
|

OMC
Organisation Mondiale du Commerce
Si l'OMC n'existait pas, il faudrait la créer
Le commerce mondial est devenu un lieu où se mesurent
les rapports de force, où se fourbissent quelques-uns des outils
du développement et où s'évalue le degré
de solidarité entre toutes les composantes de l'humanité.
La preuve est faite que l'on a d'autant plus de chances de se développer
que l'on participe davantage aux échanges internationaux. C'est
ainsi qu'après le Japon, la Corée du Sud, Singapour, c'est
au tour de la Chine de prendre une place significative dans les échanges
mondiaux. À l'inverse, les pays africains ont du mal à
décoller et jouent un rôle mineur dans le commerce international.
Si l'OMC n'existait pas, il faudrait la créer. Car on ne peut
développer les échanges sans les organiser. C'est exactement
comme la circulation automobile dans une grande ville : sans régulation,
c'est-à-dire sans feux rouges et sans règles de circulation,
on ne circulerait pas mieux, on s'embourberait dans un immense embouteillage.
D'où ces marchandages permanents pour se mettre d'accord sur
des règlements où chacun défend âprement
ses intérêts. Le mérite de l'OMC est de favoriser
des compromis, puis de les faire respecter, car elle dispose d'un pouvoir
d'arbitrage assorti de sanctions. C'est ainsi que, récemment,
la Malaisie a gagné un contentieux contre les États-Unis.
Il faut donc soutenir les efforts de l'OMC pour que la concurrence internationale
s'éloigne toujours plus des lois de la jungle. Il faut aussi
se souvenir que le développement ne se parachute pas à
coups de subventions, si les nations concernées ne mettent pas
de l'ordre chez elles. C'est ainsi que la diffusion de médicaments
bon marché suppose, dans les pays concernés, une administration
territoriale efficace et non corrompue. Ce qui ne va pas de soi partout.
Mao n'a pas dit que des bêtises. Ainsi, quand il enseignait que
l'important n'est pas d'avoir des poissons, mais d'apprendre à
les pêcher.
L'être
humain doit toujours être une fin et non un moyen
L'être humain doit toujours être une fin et non un moyen,
un sujet et non un objet ou une marchandise
L'OMC a été
une innovation majeure en ce sens qu'elle vise à empêcher
les actions commerciales unilatérales injustes
Mais si
l'histoire démontre qu'une certaine dose de libre-échange
des biens et services est indispensable au développement de la
paix, le libre-échange, ni même un assortiment de règles
ne sont équitables par eux-mêmes.
Les intérêts nationaux qui prévalent dans les négociations
actuelles, en dépit des déclarations en faveur des objectifs
de développement des pays pauvres, ne servent pas l'idée
de " famille des nations ". Les pays les plus riches ont l'obligation
de s'attaquer et de remédier aux défauts et aux conditions
les moins favorables des pays pauvres comme s'ils étaient les
leurs propres
Le défi est de créer un système
réglementaire de commerce qui donne aux pays en développement
à la fois un bénéfice économique et une
autonomie pour atteindre leurs objectifs de développement humain
et qui leur permette d'avoir accès au marché pour
les produits où ils sont forts et disposent d'avantages compétitifs
Aucun modèle de développement économique ou de
commerce international qui néglige la justice sociale ou marginalise
des groupes humains et le développement humain, n'est soutenable
à long terme, même d'un pur point de vue économique.
|
Osservatore
Romano septembre 2003
|
Il
ne faut jamais arrêter de se battre
Que je sache, l'OMC est
une tribune libre de discussion où se côtoient depuis presque
huit ans les pauvres comme les riches. On y parle toujours ouvertement
!
On ne peut pas régler d'un coup de baguette magique une question
aussi complexe, aussi sensible et qui touche le commerce international,
que celle de la suppression des subventions concernant le coton, - notamment
de la part des Etats-Unis. Nous sommes quatre pays d'Afrique, le Burkina-Faso,
le Mali, le Bénin et le Tchad, tous pays les plus pauvres de
la planète, à produire un coton reconnu de grande qualité,
notre principale source de devises, et en raison des subventions américaines,
l'Afrique de l'Ouest et centrale perd chaque année 250 millions
de dollars de revenus ! A nous quatre, nous sommes le deuxième
exportateur mondial de coton, derrière les Etats-Unis !
Il faut que l'on s'asseye tous ensemble et qu'on discute encore et encore
!
Je lance un appel aux Etats-Unis : ils n'ont rien à gagner à
vouloir un monde sans solidarité mais tout à gagner dans
un ordre commercial international régulé. La jungle commerciale
ne peut que les desservir. Ils y perdront !
Avec eux, comme avec
les grandes sociétés privées, il ne faut jamais
arrêter de se battre, sinon nous serons perdants. Faut-il le dire
et le redire, l'Afrique de l'Ouest et centrale perd chaque année
un milliard de dollars en raison de l'impossibilité d'écouler
la production du coton à un prix normal !
Il nous reste donc à frapper fort. Et nous avons décidé
de nous appuyer sur plusieurs grands pays du Sud, en particulier le
Brésil
Cette solidarité Sud-Sud nous a fait chaud
au cur ! Elle nous empêche de nous marginaliser en ces temps
de mondialisation. Nous créons ainsi une communauté d'intérêts,
de destins, pour peser sur l'OMC. On ne peut pas en effet se défendre
tout seul, aussi bien le petit Burkina-Faso que le grand Brésil
!
Si les Etats-Unis ne trouvent pas une solution à cette question
des subventions accordées aux fermiers américains sur
le coton, nous sommes prêts à aller porter plainte devant
l'OMC. Il en va de l'avenir de millions d'Africains, de leur survie.
Blaise
Compaoré
Président
du Burkina-Faso
|
|