EDITO
Une Eglise mariale.
En ce mois de Mai traditionnellement consacré à
la Mère du Sauveur et notre Mère,
je vous propose de méditer ce texte du Père François
Marc
Il nous invite à porter un autre regard sur
l'Eglise et invite l'Eglise à vivre d'une autre manière.
Un texte plein d'actualité.
Louis
Une église qui vit de l'Evangile à la manière
de Marie
Je voudrais plaider pour une Eglise Mariale. Non pas une Eglise
qui multiplie les processions ou les bénédictions
de statues géantes
. Une Eglise qui "vit l'Evangile
à la manière de Marie".
Une Eglise qui suit Marie dans la montagne et part avec elle
à la rencontre de la vie. Elle rend visite aux femmes
et aux hommes, et, au-delà des stérilités
apparentes, elle est à l'affût de ce qui naît,
de ce qui est possible, de la vie qui palpite en eux.
Une Eglise qui se réjouit et chante. Au lieu de se lamenter
sur son sort, sur les malheurs du monde, elle s'émerveille
de ce qui est beau sur la terre et dans le cur des hommes.
Et elle y voit l'uvre de Dieu.
Une Eglise qui sait qu'elle est l'objet d'un amour gratuit,
elle ne désespère de personne. Quand elle trouve
quelqu'un sur le bord de la route, blessé par la vie,
elle est saisie de compassion.
Une Eglise qui ne connaît pas les réponses avant
que les questions ne soient posées. Son chemin n'est
pas tracé d'avance. Elle connaît les doutes et
les inquiétudes, la nuit et la solitude. C'est le prix
de la confiance. Elle participe à la conversation et
ne prétend pas tout savoir. Elle accepte de chercher.
Elle écoute surtout.
Elle fait son marché, elle va chercher l'eau au puits,
elle est invitée quand il y a mariage. C'est là
quelle rencontre les gens. Beaucoup aiment s'asseoir un moment
dans sa maison. On y respire un bonheur.
L'Eglise qui se tient au pied de la Croix. Elle ne se réfugie
pas dans une forteresse ou dans une chapelle ou dans un silence
prudent quand des hommes sont écrasés. Elle est
exposée, dans ses actes et dans ses paroles. Avec un
humble courage, elle se tient aux côtés des plus
petits.
L'Eglise qui laisse entrer le vent de la Pentecôte, le
vent qui pousse dehors et qui délie les langues. Elle
dit que la promesse est tenue.
L'Eglise chante le Magnificat, Car l'Eglise sait où sa
joie demeure. Et voici : Dieu n'a pas trouvé inhabitable
notre monde ; il n'a pas trouvé inhabitables les plaies
du monde, la méchanceté du monde. C'est là
qu'il nous a rejoints. Et là, sur la Croix, nous avons
vu la "miséricorde", le cur ouvert de
notre Dieu.
C'est là au pied de la Croix, qu'un peuple est né,
un peuple marial.
P. François Marc, mariste, Extrait d'une méditation.