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Novembre
2003
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Par Jean-Claude GROUD, diacre permanent
En
cette période de la Toussaint
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Dans
l'esprit des chrétiens et de beaucoup de nos contemporains,
c'est une fête un peu singulière, tant elle associe
la mort de nos proches et la croyance en une vie éternelle,
la tristesse et l'espérance chrétienne de la résurrection.
Beaucoup d'entre nous se souviendront d'abord de leurs défunts,
de tous les êtres chers qu'ils ont connus et aimés,
qui ne sont plus de ce monde mais intercèdent avec tous les
saints pour nous auprès de Dieu. D'autres éprouveront
en ces circonstances le caractère transitoire et bien fragile
de toute la vie humaine.
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Et
pourtant, si cette fête de la Toussaint était aussi l'occasion
de nous redire que la vie n'est pas autre chose qu'un temps de grâce
qui nous est donné à Dieu pour faire précisèment
de notre vie et de celle des autres un chemin d'amour, de vérité
et de justice? Et si cette fête était une invitation
pour nous personnellement et pour notre communauté, à
nous laisser toujours plus habiter par l'esprit de Dieu reçu
lors de notre baptême et à mettre en uvre de manière
plus approfondie le message de conversion et de renouvellement du
monde et de la création contenu dans l'évangile? En
essayant de vivre la Toussaint dans cet esprit, sans doute serions-nous
plus à même de la relier à la dynamique de 1'espérance
chrétienne de la résurrection, appelée dès
maintenant à se manifester en tout être et en toute chose.
Oui, nous n'avons pas de temps à perdre pour faire advenir
cette résurrection et dans le temps présent que nous
vivons, il me semble que Dieu attend beaucoup de nous sur un certain
nombre de chantiers. Je voudrais en citer seutement trois. |
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Premier
chantier:
la place
des plus petits et des plus fragiles en France et dans le monde.
Face à la solitude d'un certain nombre de personnes âgées
(tragiquement mise en évidence par les événements
de l'été), face à la situation de travail précaire
de beaucoup de jeunes ou d'exclusion sociale d'un certain nombre
d'adultes, n'avons-nous pas à redécouvrir notre rôle
de bâtisseur de lien social? Et face à la situation
d'injustice imposée à beaucoup de pays pauvres par
un système économique dominé par les pays riches,
comment nous engageons-nous concrètement pour bâtir
un monde plus juste et plus solidaire?
Que faisons-nous pour contribuer à mettre en uvre avec
d'autres l'option préférentielle en faveur des pauvres
?
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Deuxième
chantier: dans la vie professionnelle et économique. Comment,
à la place où nous sommes, avec les responsabilités
qui sont les nôtres (que nous soyons cadres, salariés
ou chef d'entreprise) agissons-nous pour faire naître des comportements
nouveaux rompant avec la logique du toujours plus, la logique du gigantisme
et la volonté systématique d'absorber ou de dominer
le plus petit? |
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| Troisième
chantier: dans notre Eglise et dans nos communautés chrétiennes.
Quel accueil et quelle place réservons-nous aux personnes malades,
aux handicapés et aux exclus de toutes sortes? Il est sans
doute temps pour nous aussi de redécouvrir notre rôle
de bâtisseur de lien ecclésial. La naissance de la nouvelle
paroisse peut être aussi l'occasion dans cet esprit de mettre
en place des communautés locales pour vivre un projet de proximité
d'Eglise dans nos communes et quartiers. |
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Bien
sûr, nous savons tous que le passaqe à la suite du Christ
d'une logique de domination et d'orgueil à une logique de service
et d'accueil des plus petits n'est pas un chemin facile à
prendre. Mais nous savons aussi que nous pouvons compter sur le soutien
et l'aide de tous les saints qui nous ont précédés.
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Et
pour conclure, je voudrais confier à votre méditation
ces quelques extraits d'un des derniers livres du théologien
orthodoxe Olivier Clément:
« Il y a beaucoup de saints inconnus, parfois incongrus,
dont la bonté désintéressée, la force
calme, la présence rassurante et joyeuse, l'humble capacité
non seulement de servir mais de créer font, si j'ose dire,
des ravaudeurs de l'existence universelle, sons cesse déchirée
par les puissances perverses du néant... La Toussaint ouvre
nos yeux sur la sainteté secrète de chaque personne,
voire sur la sainteté de la terre - et c'est pourquoi nous
aimons le cantique des créatures de Saint François.
La Toussaint, précédant, illuminant, le jour des morts
nous rappelle que le Christ ne cesse de vaincre la mort et l'enfer.»
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