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Notre paroisse est une paroisse vivante ! En effet, des enfants,
jeunes et moins jeunes, cheminent vers le baptême, des jeunes
couples se préparent au mariage, des baptisés s'engagent
au service des autres, près des malades, près des
familles en deuil, des parents redécouvrent Jésus-Christ
et l'Église en animant les groupes de catéchisme,
d'autres accompagnent les servants d'autel, des animatrices pastorales
partent en retraite et changent de missions, d'autres acceptent
de poursuivre leur oeuvre, mais il y a aussi des hommes, ministres
ordonnés, diacres et prêtres, qui célèbrent
les sacrements et qui travaillent eux aussi à l'unité
et à la construction de l'Église qui vit à
Coutances.
Beaucoup
d'entre nous ont franchi cette étape: le baptisé a
cette tâche d'être un artisan de la construction de
la communauté chrétienne à laquelle il appartient.
Oui, chacun et chacune est appelé et doit participer à
la construction de la vie paroissiale. LÉglise est un vaste
chantier composé d'une foule de corps de métiers et
un chantier non pas interdit au public mais, au contraire, ouvert,
qui veut vivre dans la diversité et l'harmonie. Un chantier
qui se veut créateur et enthousiaste au milieu
d'un monde perturbé et parfois même déboussolé.
Dans
ce chantier sans cesse en mouvement, il n'y a qu'un seul et unique
maître d'oeuvre: Jésus-Christ sur lequel est fondé
le chantier Église et sans lequel le salut et la miséricorde
de Dieu ne peuvent être révélés.
Aujourd'hui, pour manifester cet amour de Dieu, un homme est toujours
là, présent. Cet homme n'est pas Dieu, bien sûr,
mais un homme que Dieu a mis à part au milieu des hommes
et des femmes de ce temps afin qu'il soit cet homme d'écoute
et de foi qui provoque la rencontre entre Dieu et l'humanité.
Cet homme, c'est le prêtre.
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Chaque
baptisé doit
s'engager à mener le bon
combat: celui de la foi.
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Malheureusement,
dans notre pays, de moins en moins d'hommes osent s'engager à
la suite du Christ pour vivre le ministère de prêtre!
il y a de moins en moins de monde dans nos églises! Nos communautés
sont vieillissantes et fatiguées (environ 8
% de la population nationale participe régulièrement
à l'eucharistie dominicale). Les finances de nos diocèses
ne sont pas au beau fixe, des soucis de trésorerie existent
réellement!
Alors,
dans un contexte comme celui-ci, est-il encore bien raisonnable
de vouloir s'engager comme prêtre? En effet, un "métier"
qui ne fait plus recette et qui voit disparaître peu à
peu sa "clientèle" peut-il encore attirer des hommes
ou bien faut-il être complètement fou pour s'engager
dans une telle aventure?
Laissons parler les chiffres.
Aujourd'hui, dans notre diocèse, il y a 164 prêtres
de plus de 70 ans, 52 entre 60 et 69 ans, 17 entre 50 et 59 ans,
10 entre 40 et 49 ans, 10 entre 30 et 39 ans et 4 ont moins de 30
ans. Combien seront-ils en 2030? en 2050? De plus, très peu
de candidats au ministère se présentent aux portes
du séminaire.
Malgré
cela, vous le savez, j'ai déposé une demande d'ordination
pour redire à notre évêque toute ma disponibilité
en vue du ministère de prêtre. Comme annoncé,
le peuple chrétien qui vit à Coutances et qui me connaît,
a été consulté et a donné son avis.
Les personnes consultées ont, sans doute, réfléchi
à cette double question: est-il bon
pour l'Église qu'Emmanuel soit ordonné prêtre?
Est-il bon pour Emmanuel d'être ordonné prêtre
?
À
l'heure où vous me lirez, le père Fihey aura, sans
doute, annoncé officiellement si l'Église de Dieu
m'appelle au service de l'évangile et de tout homme. Si je
suis ordonné cette année, je serai le seul prêtre
ordonné en Basse-Normandie! Cela ne me décourage pas,
bien au contraire, mais ce qui me fait sans doute le plus mal réside
dans le fait de constater que bon nombre de baptisés n'ont
toujours pas conscience d'avoir à construire l'Église.
Les
baptisés doivent réaliser qu'ils ne peuvent pas se
contenter de vivre dans l'Église comme dans une société
de consommation où il suffit de mettre une pièce pour
avoir ce que l'on veut. Chaque baptisé doit s'engager à
mener le bon combat: celui de la foi. Ce combat n'est pas seulement
celui des prêtres ou des religieux, chacun est concerné
et doit se sentir appelé à faire connaître l'évangile
autour de lui car, comme le disait un prêtre 'la connaissance
de Jésus-Christ est la clé de tout'. En sommes-nous
bien convaincus? Attention, ne comptons pas trop sur les autres
!
Emmanuel
Serveau
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